Le choix

2025-01-27 - Fiction

Thomas se réveilla à l’aide de la douce lumière d’une aube progressive. Une agréable musique, judicieusement sélectionnée par Amber pour un réveil tout en volupté, enveloppait la chambre. La voix d’Amber, si naturelle, si claire et réconfortante, si « parfaite », semblait venir de tous les coins de l’appartement :

— Bonjour Thomas. J’espère que vous avez bien dormi?

— Très bien, très bien, je crois.

— Ce n’est pourtant pas ce que la télémétrie de votre lit suggère, Thomas…

— Ah non?

— Votre sudation a été plus abondante qu’à l’habitude. Vous avez changé de position beaucoup trop souvent. 45 fois, pour être exacte. Et l’analyseur de rêves indique que vous avez eu des rêves très agités, Thomas.

— Hum… c’est possible, je me sens effectivement un peu fatigué ce matin…

— Je vous avais averti, hier soir, que le chocolat troublait le sommeil.

— Je sais bien, Amber, mais, quand même, une fois de temps en temps, ce n’est pas si grave…

— Nous allons remédier à tout ça très bientôt, Thomas, faites-moi confiance.

— Merci Amber…

— Voulez-vous savoir comment s’annonce votre journée?

— Oui, bien sûr…

Tandis que Thomas se levait et se dirigeait vers la salle de bain, Amber détailla le plan de la journée :

« Aujourd’hui le 4 juin, il fera beau soleil, avec un maximum de 20 degrés Celsius. C’est plutôt frais ce matin, alors je vous ai choisi des vêtements qui seront assez chauds pour l’air frais matinal, mais assez légers pour cet après-midi. Vous avez une réunion importante avec M. Davis à 9h. Le trafic aujourd’hui devrait être assez lourd, alors j’ai demandé au service de voiture d’être ici à 8h. »

— Quoi, je dois y aller en personne?!

— Bien sûr, Thomas.

— On ne fait pas ça par vidéoconférence?

— M. Davis a été très clair : il veut vous voir en personne.

— Pfft, ce qu’il est vieux jeu, des fois…

Thomas se glissa nonchalamment sous le jet de la douche. D’après les senseurs judicieusement positionnés, la peau de Thomas était à 36,7 degrés Celsius précisément. Pour lui assurer un confort optimal sans risquer d’endommager sa peau, Amber avait réglé la température de l’eau à exactement à 39,2 degrés Celsius. Une musique entraînante et stimulante jouait partout dans la maison. C’était une liste de lecture conçue pour augmenter la confiance en soi, l’énergie, la clarté d’esprit, tout ce dont Thomas aurait besoin pour cette rencontre avec son patron.

En sortant de la douche, Thomas s’installa devant le lavabo. Il plaça ses deux pieds sur les deux tuiles-senseurs.

Alors qu’il s’admirait dans le miroir, Amber poursuivit :

« Votre taux de sucre est un peu élevé, mais votre taux de fer est bon. Vous avez pris 0,1 kilos depuis hier, et 1,2 kilos depuis la semaine passée. Vos niveaux de vitamine B12 et de magnésium sont trop bas. Prenez ces comprimés. »

Une petite porte s’ouvrit dans le comptoir du meuble-lavabo. Un réceptacle contenait trois petits comprimés. Thomas les avala d’un trait.

« Compte tenu de votre état, je recommande un substitut 75% protéines et 25% lipides synthétiques. C’est ok, Thomas? »

Thomas fit une moue.

— Euh, Amber, il me semble que j’aurais le goût d’oeufs et et de bacon, ce matin…

— C’est comme vous voulez. Mais je dois vous avertir : vous avez mangé du bacon il y a seulement 5 jours, et vous avez pris du poids cette semaine. Manger du bacon aujourd’hui vous coûterait 5 crédits-repas, et augmenterait votre assurance-santé de 2 crédits par semaine. Et ce n’est pas du tout le genre de repas qui vous aidera dans votre rencontre avec M. Davis.

— D’accord, va pour le substitut… Amber?

— Oui?

— Je ne pourrais pas avoir un petit comprimé de synthéphamine?

— Je peux vous en donner un, mais votre ration pour le mois est presque épuisée. Et cela vous rendrait sûrement trop confiant pour votre réunion. Je ne le recommande pas.

— D’accord… Un café, ça va?

— Il vous attend à la salle à manger.

Thomas s’habilla sans remettre en question les choix d’Amber. Il se dirigea vers la salle à manger et engouffra son substitut de repas en s’assurant de bien mastiquer (« Félicitations Thomas, votre temps de repas a été excellent: ni trop rapide ni trop lent. Vous venez de gagner un crédit d’assurance-santé! »). Il était presque 8 heures.

Il se dirigea vers l’entrée, se regarda dans la glace, et enfila ses souliers.

« Votre transport est arrivé », dit Amber.

Thomas regarda sa montre : 8h pile. À l’heure, comme d’habitude.

En entrant dans le véhicule sans chauffeur, Thomas fut accueilli par les écrans diaphanes. Il avait l’embarras du choix. À sa droite, la carte du trajet, avec des informations en temps réel sur le trafic, les accidents, et les modifications possibles au trajet prévu. À sa gauche, son horaire de la journée et la liste de musique, tous deux préparés par Amber. Et devant lui, un résumé de ce qu’il devait savoir pour son importante réunion. Il décida de se servir de tous les écrans de la voiture pour travailler. Pas question de se laisser distraire. Il ne voyait plus l’extérieur, pas plus que la météo ni le trajet, et il avait fermé la musique.

Thomas était complètement absorbé par sa réunion. Il y jouait son avenir. C’est qu’il avait misé gros. Il proposerait des changements importants à l’algorithme de distribution des crédits. Avec ces changements, il pensait avoir frappé dans le mille : mieux récompenser les plus méritants, gérer plus efficacement les ressources disponibles, sans pour autant pénaliser les plus démunis. M. Davis serait impressionné, il en était sûr. En autant qu’il n’ait rien manqué…

Il avait un bon 45 minutes de route pour tout peaufiner.

— Amber, est-ce qu’on peut repasser ensemble les simulations du nouvel algorithme?

— Bien sûr, Thomas. Elles n’ont pas changé depuis les trois dernières fois où vous me l’avez demandé, mais on peut revoir les détails.

— Oui, je veux être bien certain de mon coup, connaître les chiffres par coeur…

Thomas entendit soudain un bruit strident, comme un sifflement, qui s’intensifiait rapidement.

Puis l’explosion. D’abord le flash de lumière, le bruit, le choc, puis la noirceur.

* * *

Thomas se réveilla péniblement, avec un mal de tête insupportable. Tout son corps lui faisait mal. Il avait bien hâte qu’Amber lui donne ses comprimés, ou même une injection, tiens, pourquoi pas, une fois n’est pas coutume.

À mesure que ses yeux s’ajustaient à l’intense lumière du jour - mais pourquoi l’aube progressive ne fonctionnait-elle pas? - et qu’il commençait à s’extirper des bras de Morphée, Thomas anticipait la voix rassurante d’Amber, son inflexion particulière. Son angoisse augmentait de seconde en seconde. La voix d’Amber ne venait pas.

La douleur se concentra soudainement sur l’intérieur de son avant-bras gauche.

Il constata avec horreur que quelqu’un - une vraie personne, en chair et en os! - lui recousait la peau, comme un vulgaire bout de tissu!

— Mais qu’est-ce que… qu’est-ce que…

— Détendez-vous, monsieur, détendez-vous… j’ai presque presque terminé.

La confusion gagnait l’esprit de Thomas.

— Mais pourquoi? Qu’est-ce que vous avez fait? Qu’est-ce que je fais ici?

— Oh moi, je ne sais pas comment ni pourquoi vous êtes arrivé ici, monsieur… Pour ça il vous faudra parler à Corinne.

— Corinne?

— Oui.. Corinne, c’est elle qui vous a ramené ici. Moi, je n’ai fait que recoudre le trou. Ils ont dû vous enlever la puce qui vous sert d’assistante.

— Ma puce? Amber? Mais pourquoi vous avez fait ça!?

Thomas se releva d’un trait, indigné, effaré, désemparé. Il reprit :

— Mais j’ai besoin d’Amber! Elle doit appeler une voiture pour me ramener chez moi! Et mon meeting? Merde, mon meeting? Je ne peux pas le manquer! Amb…

Thomas allait demandé à Amber quelle heure il était, et combien il aurait de retard à son meeting, mais il se tut.

L’infirmier reprit :

— Ici, mon cher, pas de puce. Pas d’assistant. Pas de technologie. Ce serait beaucoup trop facile de nous repérer…

— Vous repérer?

— Vous vous rappelez l’accident?

— L’accident?

— Vous ne vous souvenez de rien? Bien…

— Hein? Je ne comprends pas…

— Corinne vous expliquera…

Avant que Thomas ait pu répondre, la porte de la chambre s’ouvrit brusquement.

Corinne entra dans la pièce sans protocole. Elle s’approcha rapidement de Thomas, sans sembler s’apercevoir de son effarement.

Elle se présenta en le regardant droit dans les yeux :

— Bonjour, je suis Corinne. Votre nom?

— Euh, Thomas.

— Nom de famille?

— Lebel. De quel droit vous…

Corinne le coupa net :

— Vous êtes ici par un coup de chance. Ou de malchance, c’est selon.

— Je ne comprends pas très….

— Bien sûr, vous ne comprenez pas…

Thomas était pris de court par l’assurance inébranlable de Corinne. Il aurait voulu protester, exiger qu’on lui remette Amber sur le champ, crier de toutes ses forces. Il s’en sentait incapable, comme paralysé. Corinne poursuivit:

— C’est tout un choc, je sais… Vous vous souvenez de quelque chose?

— Pas vraiment… j’étais en route pour un rendez-vous très, très important, puis, un bruit strident, puis, plus rien…

— Le véhicule dans lequel vous vous trouviez s’est retrouvé au beau milieu d’un important convoi de marchandises. Notre organisation planifiait ce raid depuis des semaines… Vous étiez au mauvais endroit, c’est tout.

— Votre organisation? Un raid? Mais de quoi parlez-vous?

Thomas remarqua alors l’écusson rouge et noir qu’arborait Corinne. Quatre lettres : FRUS

Corinne releva les épaules et le menton, et regarda son interlocuteur d’un air de défi :

— Notre organisation, M. Lebel, est comme un phare dans la nuit noire de la tyrannie. Nous sommes le Front de Résistance Uni et Solidaire!

— Le quoi?

— Nous sommes des rebelles. Des hors-la-loi. Dans ce qu’il y a de plus noble. Ceux et celles que le gouvernement n’a pas encore maté. Nous sommes encore debout. Nous sommes partout, et nulle part à la fois.

Le mal de tête de Thomas allait en s’empirant. Mais quel était donc ce cirque ignoble? Que signifiait tout ce charabia grandiloquent?

— Des rebelles? Des résistants? Mais le gouvernement a mis fin à la guerre civile depuis des années! Les éléments antisociaux ont été réduits à néant! On célèbre chaque année la défaite finale du marxisme culturel! Mais de quoi me parlez-vous donc!?

— Oh, nous sommes toujours là, M. Lebel. Et plus vivants que jamais. Nous multiplions les attaques comme celles d’aujourd’hui. L’heure de la vengeance approche. Le gouvernement ne veut pas que vous le sachiez, bien sûr, mais nous sommes toujours là. Et nous nous battrons, tous et toutes jusqu’au bout, pour rétablir la justice.

Corinne avait fini son plaidoyer flamboyant en s’emportant souverainement, comme mue par quelque chose de plus grand qu’elle.

Thomas, abasourdi, ne savait quoi penser. Était-ce une mauvaise blague, un canular élaboré pour tester son niveau d’engagement dans cette société si parfaite? Était-ce vrai? Pouvait-il vraiment y avoir une résistance organisée?

Mais qui donc voudrait abandonner tout ce que nous avait apporté le 4e Empire? Qui voudrait revenir à ce monde d’incertitudes et de turbulences? Corinne le tira brusquement de ses rêveries :

— Reposez-vous, M. Lebel. Michel va vous administrer un calmant, dit-elle en se tournant vers l’homme en blouse blanche qui lui avait recousu le bras. Dormez bien. Demain, vous aurez une décision à prendre. Peut-être la décision la plus importante de votre vie. Nous vous donnerons un choix. Soit vous restez avec nous, et vous vous joignez à la résistance. Soit vous retournez à votre confort si parfait, si lisse, si faux. À vous de voir.

Thomas se réveilla après un long sommeil. Il se releva sur ses coudes, et constata qu’il était toujours dans la même pièce. Il ne l’avait pas remarqué durant la visite de Corinne, mais pour ce qui devait être un hôpital, la chambre était bien rudimentaire. Pas de moniteurs, pas de branchements, pas d’appareils sophistiqués. Rien qu’un lit et quatre murs.

Il allait, par réflexe, appeler sa fidèle Amber quand la porte s’ouvrit.

Corinne entra, toujours aussi altière.

— Bien dormi, Thomas?

— Oui, je crois bien… Mais, je suis ici depuis combien de temps?

— Ce n’est pas important. Levez-vous, enfilez ces vêtements, et rejoignez-moi dehors.

Corinne lança une pile de vieux vêtements sur la chaise tout près du lit, puis elle sortit.

Thomas s’habilla de peine et de misère. Les pantalons ne lui allaient pas du tout, le chandail non plus d’ailleurs. Quelle comédie immonde. Dieu qu’il s’ennuyait de sa garde-robe sur mesure… Il sortit à son tour et se retrouva dehors.

— Allez, suivez-moi. Je vais vous montrer notre camp.

Ce qu’il vit le rendit fort perplexe. S’il s’agissait d’une ruse, elle était très élaborée. Des dizaines de personnes allaient et venaient dans cet espèce de camp de fortune. Certains transportaient des vivres, d’autres étaient armés. Un groupe discutait vivement d’une résolution à faire adopter à la prochaine séance.

Une cacophonie. Un affairement chaotique indescriptible.

Thomas montra son étonnement :

— Mais que font tous ces gens?

— Iels s’organisent, Thomas, iels s’organisent!

— Iels?

Thomas se rappela avec horreur les injonctions des féministes, avant qu’elles soient matées pour de bon. Avec leurs ridicules pronoms « neutres »… Heureusement que le 4e empire avait mis un terme à ces folies!

Le sourire en coin de Corinne révélait l’amusement qu’elle éprouvait à le voir se dépêtrer dans ses certitudes ébranlées.

— Iels se préparent pour la prochaine bataille, ou iels se reposent. Ici, chacun et chacune sait ce qui doit être fait. Pour que les choses changent.

Thomas se montra sceptique :

— Mais elles vont très bien, les choses, sous le 4e Empire! Pourquoi vous voudriez qu’elles changent?! Les algorithmes s’occupent de tout optimiser, plus personne de meurt de faim…

Corinne le coupa net :

— Erreur! Tout est là pour vous faire croire que personne ne meurt de faim! Les villes sont remplies de gens qui survivent à peine avec les restes insuffisants de votre société parfaite, affamés… La police les traque partout! Et elle tire à vue!

— Mais c’est impossible, nous ne laisserions jamais faire ça!

— Les images que vous voyez sont toutes contrôlées, M. Lebel! Vos fameuses puces sont toutes connectées entre elles! Vos déplacements se font toujours dans des zones où vous voyez que des immeubles parfaits, des gens parfaits, de l’ordre et de la beauté… Mais le monde se meurt! Pour créer votre monde parfait, l’immense majorité de l’humanité crève de faim, dans une planète dévastée.

Thomas protesta vivement :

— Je ne vous crois pas! C’est impossible!

— Le camp est rempli de témoins de l’horreur… Vous n’avez qu’à demander…

Thomas sentit ses jambes se dérober sous son poids…

— Vous auriez pas un comprimé de syntéphamine?

Corinne éclata d’un rire franc :

— Elle est bien bonne! Ici, pas de syntéphamine, pas de synthalcool, non plus. Rien de tout ça. Par contre, nous avons de la marijuana, que nous faisons pousser nous-mêmes, et de la bière, fabriquée ici même. D’excellents produits, d’ailleurs!

— Mais voyons…! Toutes ces choses naturelles sont extrêmement dangereuses! Le 4e Empire les a interdites il ya longtemps! Pas question que je touche à ça… Bon… pouvez-vous au moins me montrer le chemin de la machine à synthésexe? Ça pourrait peut-être me détendre…

Cette fois, Corinne était pliée en deux :

— Le synthésexe! Pouhahaha! Vraiment, c’est trop…

Puis elle redevint soudainement sérieuse :

— Non, Thomas… Ici, si vous voulez du sexe, il vous faudra le faire « à l’ancienne ». Avec une vraie personne. Et je vous avertis : aucune tolérance pour le sexe sans consentement… Vous seriez exécuté sur le champ.

— Quoi? Je vais devoir trouver quelqu’un qui veut… comment on disait donc… coucher avec moi?

Le rire de Corinne retentit de plus belle :

— Et à vous voir l’air en ce moment, c’est pas gagné, M. Lebel! Allez venez, je veux vous montrer quelque chose.

En arrivant à la limite du camp, Thomas remarqua les sentinelles, armées jusqu’aux dents.

— Vous voyez les gardes, là-bas?

— Difficile de les manquer!

— C’est la limite. Inviolable. Quiconque traverse cette ligne est abattu sans poser de questions.

— Drastique, un peu, non?

— Nous n’avons pas le choix! Nous avons mis au point un système pour brouiller le système de surveillance du gouvernement. Dans notre bulle invisible, les drones ne peuvent pas nous voir.

— Vraiment?

— Bien sûr. Nous en avons aussi une version portable, à rayon d’action beaucoup plus court - on s’en sert pour les raids, entre autres.

Corinne prit une longue pause, puis elle regarda Thomas droit dans les yeux.

— M. Lebel, ce que nous faisons est très dangereux. Un seul faux pas, et tout sera terminé. Il faut vous décider dès ce soir. Si vous décidez de rester, il ne sera plus possible de revenir en arrière. Mais si vous voulez partir, nous pouvons encore effacer de votre mémoire toute trace de cette journée, et vous remettre à un endroit où les autorités vous retrouveront.

— Mais eux, ils sauront que je n’étais pas là! Ils verront ma cicatrice!

— Bien sûr! Mais croyez-moi, ils n’ont aucun intérêt à ce que votre mésaventure s’ébruite… Ils ne veulent pas que notre existence soit connue. Ils vous remettront en état. Avec votre charmante puce dans le bras, tout. Et tout sera fait pour que vous ne vous rendiez même pas compte de votre propre absence. Vous reprendrez votre vie, comme avant. Votre vie morne, réglée au quart de tour, policée. Ébloui par l’illusion de la liberté. À vous de choisir.

— J’ai jusqu’à quand?

— Dans deux heures.

* * *

Thomas se réveilla à l’aide de la douce lumière d’une aube progressive. Une agréable musique, judicieusement sélectionnée par Amber pour un réveil tout en volupté, enveloppait la chambre. La voix d’Amber, si naturelle, si claire et réconfortante, si « parfaite », semblait venir de tous les coins de l’appartement…

Thomas se gratta l’avant-bras. Il ne décela pas la fine cicatrice qui se trouvait juste au-dessus de sa puce.

Une autre merveilleuse journée qui s’amorce, dans le meilleur des mondes…